"Isolation" et art au Palais de Tokyo

Une nouvelle performance pour Abraham Poincheval au Palais de Tokyo

Lors de ses performances en solitaire, Abraham Poincheval, artiste français né en 1972 à Marseille, repousse ses limites physiques et mentales. La vie en autarcie, l’enfermement, l’immobilité ou la perte progressive des sens sont pour lui des moyens d’exploration du monde et de la nature humaine.

Jusqu’à la fin du mois de mars, l’artiste français Abraham Poincheval tente deux nouvelles performances artistiques au Palais de Tokyo intitulées « Pierre » et « Œuf ».
Pour l’une, « Pierre », Abraham Poincheval vivra en autarcie au sein d’une roche calcaire, survivant seul à ses besoins et fusionnant littéralement avec cet espace utérin qui lui fera office d’habitacle le temps d’une semaine. Ses sculptures habitables sont pour l’artiste un moyen d’explorer le monde qui l’entoure tout en repoussant ses limites à la fois physiques et mentales.
Après « Pierre », il réinvestira les espaces du Palais de Tokyo avec « Œuf », une performance durant laquelle il couvera des œufs de poule durant 21 à 26 jours jusqu’à leur éclosion.

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Abraham Poincheval, Pierre, 2017 © Palais de Tokyo

 

La pierre, est sculptée selon l’apparence corporelle de l’artiste, celui-ci pourra s’y glisser tout naturellement. La pierre restera ouverte avant et après la performance, permettant aux visiteurs curieux de découvrir l’équipement et la préparation nécessaires qui ont été pensés pour une telle performance.

Une véritable préparation en amont
Abraham Poincheval a confié au journal Libération «Je ne pourrai pas me gratter mais j’ai appris à faire comme les animaux, je me frotte aux parois.»
L’artiste a bien préparé son isolement, il disposera ainsi de tout ce dont il a besoin durant les semaines à venir.
Pour se nourrir,  il a prévu des purées et des compotes, des aliments faciles à stocker dans sa roche et surtout facile à manger, car s’alimenter dans si peu d’espace reste assez complexe.
Pour l’équipement, il sera équipé d’une lampe frontale, afin d’avoir un peu de lumière à sa disposition et d’une combinaison de skippeur.
Pour ses besoins naturels, il réutilise ses gourdes d’eau, embarque un pot plat comme ceux des kayakistes.
Pour avoir de l’air frais, une ventilation est creusée dans le plafond, lui apportant ainsi  un air rassurant.

Une chose est sûre, l’artiste OVNI du 21ème siècle n’est pas claustrophobe. Les curieux pourront découvrir cette étrange expérience jusqu’au 08/05/2017 au Palais de Tokyo à Paris. Les moins téméraires pourront s’intéresser au phénomène d’isolation à travers certains de nos articles : Quitter son quotidien pour partir vivre en autarcie sur une île Grecque  ou encore Ils ont vécu un an sur Mars.

Marjorie Planade

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Desert d'Oman

Partir travailler dans le désert…

C’est le défi que s’est lancé Gauthier Toulemonde, chef d’entreprise. Dimanche 5 mars 2017, après quatre jours de voyage à dos de chameau, ce patron est arrivé dans le désert d’Oman, dans un campement où il va vivre seul pendant quarante jours. En autarcie totale, M. Toulemonde n’aura avec lui qu’une tente rudimentaire, un peu de nourriture et un chien, afin qu’il se sente moins seul.

Dans ce désert d’Oman, les conditions de vie ne seront pas toujours faciles pour Gauthier Toulemonde. En effet, les températures peuvent monter jusqu’à 40°C, une chaleur difficilement supportable, physiquement comme mentalement, seul, en plein milieu du désert. Sans oublier que des vipères, scorpions ou araignées dangereuses pourraient s’inviter près de son campement… En cas de problème, le village le plus proche se trouve à quatre jours de marche.

Une cause à défendre :
Habitué au travail en région parisienne, ce chef d’entreprise croit au télétravail. Il le définit comme étant une solution d’avenir pour les problèmes d’emploi. Pour cette expédition, il emporte avec lui tout le matériel nécessaire afin de pouvoir continuer à travailler normalement, comme s’il était à Paris. Dans son sac : des ordinateurs militaires, un capteur pour avoir Internet, un téléphone satellite, des panneaux solaires et quelques batteries de secours; tout ce qu’il lui faudra pour tenir plus d’un mois en plein milieu de nulle part !

D’après Félix Mazet, pour leparisien.fr

Plage d'une île grecque

Quitter son quotidien pour partir vivre en autarcie sur une île Grecque

Depuis 2010, la communauté Free and Real est installée sur l’île d’Eubée, en Grèce, pour expérimenter un mode de vie écologique et indépendant.

Une autarcie pour le bien de la planète ?
Free and Real, née en 2010 dans l’esprit d’Apostolos Sianos. Un jeune webdesigner, persuadé que «la manière dont nous traitons notre planète n’est pas la bonne», a décidé de quitter son quotidien et sa famille, pour s’installer sur l’île d’Eubée avec quelques amis; Afin de ne plus dépendre de personne, se nourrir grâce à lui seul. Free and Real, c’est surtout un mode de vie écologique jusque dans les moindres détails. Panneaux solaires, nourriture bio, etc.
Dans cette communauté, tout est fait pour réduire au maximum son empreinte écologique. Au niveau du logement, chaque résident occupe une yourte personnelle ou collective.

«Une aventure humaine fantastique»
Les curieux sont de plus en plus nombreux à venir de toute la Grèce et l’Europe, pour assister à des ateliers organisés par les porteurs du projet, ou bien encore tenter de rejoindre la communauté grandissante.

Une indépendance pas si totale que ça 
Afin de faire fonctionner le village, les bénévoles ont besoin d’un minimum de revenues. Les bénévoles qui habitent l’île à demeure ne déboursent pas d’argent, les visiteurs ponctuels doivent débourser 12 euros par jour pour les repas, ainsi que pour l’hébergement. Une correcte somme que la communauté utilise pour acheter quelques aliments non produits sur place et régler de faibles frais d’Internet et d’électricité.  (Bien qu’un seul campement n’utilise ces systèmes)

Free and Real vise à promouvoir un mode de vie à long terme basé sur la communauté, la fraternité et le respect de l’individu et de la vie privée.
Une expérience de quelques mois, années ou bien d’une vie, et vous, seriez-vous prêt(e) à partir vivre une telle aventure ? Si vous hésitez à vous lancer dans l’aventure vous pouvez d’abord visionner un film / documentaire  sur l’autarcie.

D’après l’article des Inrocks du 14 février 2016 (de Daphnée Breytenbach)

Dôme de scientifique

Ils ont vécu un an sur Mars

De l’année 2015 à 2016, durant une année entière, six volontaires de la NASA ont vécu enfermés dans un dôme sur l’île d’Hawaï, afin de reproduire les conditions de vie sur Mars.

Un confinement quasi total
Ces trois hommes et trois femmes, tous participants à l’expérience n’ont pas vécu les changements de saison à l’intérieur du dôme. Ils n’ont pu sortir qu’à de très rares occasions, pour simuler des sorties sur le sol martien, vêtus d’une combinaison spatiale. Le seul contact qu’ils ont eu avec le monde extérieur – et leurs proches – était par e-mail avec un délai de 20 minutes chaque manière de reproduire le temps qu’il faudrait pour obtenir un message à Mars.

Quelles conditions de vie ?
Les volontaires disposaient d’une petite chambre individuelle, avec assez d’espace pour un lit et un bureau. Ils se nourrissaient exclusivement de fromage en poudre ou de boîtes de thon.  Il fut complexe pour les participants de s’adapter à ce nouveau mode de vie et se sentir bien.  

Etre isolé comme cela durant une période d’une année aurait pu avoir de larges conséquences. Toutefois, le fait que ces explorateurs aient pu partir à six, a rendu l’autarcie plus facile à accepter. Bien qu’ils aient pu rencontrer des petits épisodes de déprime passagère.

Pour en savoir plus sur l’autarcie informationnelle, nous vous conseillons d’aller voir notre article sur l’autarcie 

Jardin botanique chinois

L’autarcie informationnelle : l’exemple de la Chine

L’autarcie informationnelle : l’exemple de la Chine

L’administration générale de la presse et de la publication (GAPP), organe administratif régulant les médias en Chine, a interdit la diffusion du film Django Unchained dans les cinémas du pays. La raison avancée serait la nudité de certaines scènes, mais certains internautes mettent à jour le problème du thème du film : Django, esclave libéré, fait parler la loi au travers de son fusil au nom de l’amour et de la liberté. C’est un message jugé dangereux pour la population chinoise, « préservée » des pensées impures de l’occident par le Parti Chinois.

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Affiche du film Django Unchained

Le 16 avril 2013, la GAPP a franchi une nouvelle étape dans l’autarcie informationnelle, en annonçant l’interdiction pour les médias chinois, de citer des sources étrangères non approuvées par le gouvernement.

La Chine est bien connue pour son contrôle strict de l’accès aux ressources sur le web. Avec le développement du miccro-blogging et son utilisation croissante comme source par la presse depuis la fin des années 2000, la Chine a durci sa politique en novembre 2011. Ainsi, elle interdit aux journalistes d’inclure dans leurs articles des informations directement issus de ces sources d’informations, afin de contrôler la rumeur.

Vous souhaitez en savoir plus ? Vous pouvez consulter un article similaire dédié à la Corée du Nord.

D’après sicw-news.com

Pellicule de film

L’autarcie au cinéma

A l’occasion de la 42e nuit des César, cérémonie qui récompensera ceux qui ont marqué le cinéma en 2016. Certains films, acteurs et réalisateurs se démarquent déjà : avec 11 nominations chacun, Elle de Paul Verhoeven et Frantz de François Ozon sont les grands favoris de cette nouvelle édition.

Dans cet article vous trouverez des films/documentaires présentant l’autarcie/l’autosuffisance :

  • INTO THE WILD  
Affiche du film Into The Wild
Affiche du film Into The Wild
  • VIVRE AUTREMENT  (Documentaire, disponible ici)
Affiche du documentaire Vivre Autrement
Affiche du documentaire Vivre Autrement
  • LE MUR INVISIBLE
Affiche du film Le Mur Invisible
Affiche du film Le Mur Invisible
  • JOURS DE PÊCHE EN PATAGONIE
Affiche du film Jours de Pêche en Patagonie
  • EL PUESTO
Affiche du film El Puesto
Photo de Kinm Jong Un

Corée du Nord : Contrôle des communications avec le monde extérieur

Contrôle de la communication avec le monde

Répression et intimidation, sont les mots décrivant ce que subissent les 22 millions d’habitants de la Corée du Nord depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jung-un en 2011.

Les autorités nord coréennes s’en prennent aux citoyens qui utilisent leurs mobiles pour contacter leur famille à l’étranger. En effet, les personnes surpris en train d’utiliser des téléphones portables pour passer un appel à l’étranger risquent d’être envoyés dans des camps pour prisonniers politiques ou d’autres centres de détention en raison du durcissement du contrôle qu’exerce le gouvernement sur l’utilisation des technologies de communication.

Drapeau de la Corée du nord, avec un signe "Silence"
La Corée du Nord sous silence

Surveillance et numérique
Cette autarcie n’est pas seulement liée à l’utilisation de smartphones. Le gouvernement nord-coréen souhaite isoler son peuple et à cacher la vérité sur la terrible situation des droits humains dans le pays. L’accès à Internet est réservé aux étrangers et à quelques citoyens haut-placés. C’est pourquoi, un grand nombre de citoyens tentent de fuir le pays, car, sans nouvelles de leurs proches et incapable de témoigner sur les suppressions des droits qu’ils subissent, ceux-ci vivent dans un sentiment d’abandon et d’isolement total.

Ceux qui ne peuvent pas fuir restent, mais résiste dans l’ombre du gouvernement. Depuis quelques années, le commerce illicite de téléphones portables et de cartes SIM importés de la Chine est en pleine expansion.

Le gouvernement a développé ses technologiques afin de contrôler et de réprimer les citoyens, pour ainsi couper tout contact avec le monde extérieur, à l’ère numérique. Brouilleurs de signal près de la frontière chinoise et caméras de surveillance et micros sont de mise.

Pour en savoir plus sur l’autarcie informationnelle, cliquez ici !

Figurine tenant une loupe

L’autarcie informationnelle, nouveau risque des usages informationnels ?

L’autarcie informationnelle, ou enfermement communautaire, est un nouveau risque de la société d’information. En savoir plus sur la page de définition.

Les nouvelles pratiques de recherches, telles que le choix préalable de sources avec la personnalisation et l’adaptation aux besoins des usagers, la généralisation du « push » (c’est à dire, l’information « poussée » vers l’usager) ou encore la recherche par le biais de réseaux personnels ou de communautés renvoie à de nouvelles modalités de validation de l’information. En effet, les usagers font désormais confiance à des pairs ou à des proches pour la retranscription de l’information et font des choix personnels de sources fiables.

Mais les nouveaux outils et les conséquences de ces usages informationnels font émerger de nouveaux risques :

  • l’idéologie dominante de la “popularité”
  • des risques “d’autarcie informationnelle”, également appelée “enfermement communautaire”.

D’après K. Collet-Thireau et F. Thiault

Image d'un journal

Qu’est-ce que l’autarcie informationnelle ?

Par définition, l’autarcie est un nom féminin (grec autarkeia, de autos, soi-même, et arkein, suffire).

  • Situation d’un pays qui tend volontairement à se suffire à lui-même sur le plan économique. (Elle peut résulter de la volonté d’un État de modifier la structure sociale et économique à l’abri des influences étrangères ou, en vue de la préparation à la guerre, du refus de toute dépendance économique à l’égard de l’étranger.)
  • Doctrine qui préconise cette situation.

Mais pourquoi parler d’autarcie informationnelle ?
L’enfermement communautaire peut prendre plusieurs formes. Tout d’abord, on peut en parler en terme d’individus : par exemple, une personne peut choisir de limiter ses sources d’informations au nombre de trois et ne pas sortir de ces sources. Cet enfermement lui fait passer outre d’autres informations ou d’autres points de vue, ce qui lui enlève une certaine objectivité.
On peut également parler d’autarcie informationnelle au niveau d’un pays. En effet, certains états choisissent de réglementer les accès à la presse et de limiter à certaines sources choisies. Voir l’exemple de la Chine, de la Corée de Nord et de l’URSS.